LES FILIÈRES SOUS SIGNE D’AOC INTÈGRENT LA DIMENSION ENVIRONNEMENTALE DANS LEUR STRATÉGIE ET LEUR VALORISATION AUPRÈS DES CONSOMMATEURS.

 

En réponse à une pression sociétale, médiatique et réglementaire forte (Ecophyto 2025, Suppression du Glyphosate, etc) la profession viticole doit impérativement s’engager dans des démarches de changement de pratiques vers des modes de production plus respectueux de l’environnement.
En tout premier lieu, une diminution de l’utilisation des intrants en général et des pesticides en particulier est attendue. La forte mobilisation en Val de Loire en faveur du programme Ecophyto démontre la volonté de la profession viticole de faire face à ce nouvel enjeu. Mais les enjeux environnementaux sont plus larges : les activités agricoles contribuent également à l’érosion des sols, à leur contamination par des métaux lourds, à la pollution des eaux de surface et sous-terraines en nitrate, phosphore et pesticides et à la diminution de la biodiversité. Sans compter que l’agriculture contribue également à hauteur de 30 % aux émissions de gaz à effet de serre.
Par ailleurs, le citoyen exerce une pression sur la profession agricole, en tant que consommateur qui souhaite consommer plus sain et plus respectueux de l’environnement, mais également en tant que riverain directement affecté par des pratiques comme les traitements phytosanitaires. Ces pressions et ces inquiétudes sont largement relayées par les médias et obligent la profession viticole à objectiver et renforcer leurs démarches environnementales ainsi qu’à organiser une meilleure communication collective autour de leurs actions.

 

Les appellations s’engagent

 

Le Décret ministériel, (mars 2016), autorisant l’intégration des mesures agroécologiques dans les cahiers des charges des AOC, constitue une réelle opportunité de contribuer à la transition agroécologique de la filière viticole. La filière s’est emparée de cette opportunité en publiant en mars 2017 le guide de l’agroécologie en viticulture (IFV, 2017). Mais l’intégration de ces mesures affecte les systèmes de production au-delà de la pratique elle-même. Pour réaliser ces changements dans de bonnes conditions, il faut définir des stratégies environnementales
qui intègrent tout le processus d’élaboration des vins, de la parcelle à la mise en bouteille.
En Val de Loire plusieurs appellations se sont engagées dans des projets d’intégration de la dimension environnementale dans
leur stratégie à court ou moyen terme.
Le projet AVATEC (Accompagner et Valoriser l’évolution Agroécologique des Territoires Viticoles sous signe de qualité d’origine)
accompagne ces appellations dans leur démarche. Les connaissances, les méthodes et les outils scientifiques clés associés à l’intégration de la dimension environnementale dans leur stratégie. Les trois piliers de cet accompagnement sont :
  • faciliter l’appropriation et la priorisation des enjeux environnementaux sur les territoires étudiés ;
  • évaluer à différentes échelles le potentiel environnemental, concernant la qualité des produits et la valorisation des changements envisagés pour orienter les choix des collectifs ;
  • éco-concevoir des changement de pratiques et d’évolutions du cahier des charges avec les parties prenantes y compris les consommateurs et riverains ;
  • aider à la décision en accompagnant la stratégie des organismes de gestion des AOC et la valorisation économique des démarches mises en oeuvre.

 

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