« Nos fraises ont 30 % de vitamines C en plus, elles sont plus sucrées, plus fermes », présente Paul-Hector Oliver, responsable technique agronomie de la boîte. Installé au siège social de l’entreprise à La Courneuve, à proximité du laboratoire de recherche & développement, il dispose au quotidien de 50 phytotrons, des espaces de recherche dans lesquels il est possible de générer n’importe quel climat de culture !
« On doit pouvoir s’affranchir de tous les aléas climatiques et recréer une journée parfaite pour la fraise », explique Paul-Hector. Car chez Agricool, les fruits ne poussent pas dans un champ, mais dans des containers, en culture verticale, et toute l’année.
« J’ai la fibre entrepreneuriale ». L’agriculture urbaine, Paul-Hector s’y intéresse depuis des années. Lorsqu’il était inscrit en licence de biologie à Toulouse, il planchait déjà sur un projet de culture en hydroponie (culture de plantes réalisée sans terre naturelle). « J’ai toujours été un vrai citadin et j’ai la fibre entrepreneuriale », souligne-t-il. Soucieux d’accroître ses connaissances techniques en horticulture, il a rejoint l’École supérieure d’agricultures d’Angers, puis le CAH Vilentum, une université de sciences appliquées aux Pays-Bas. « La Hollande est le deuxième pays exportateur de légumes. Il y a une production par mètre carré qui est délirante. C’est un modèle très intéressant ! », assure-t-il. À plusieurs centaines de kilomètres de Paris, il suivait les débuts d’Agricool.
« Lorsque j’ai rejoint la start-up, les fraises poussaient dans la cave de notre incubateur, à Bastille ! » L’entreprise venait alors de lever 4 millions d’euros et Paul-Hector était chargé d’en développer l’innovation. D’autres fruits et légumes en ligne de mire ! Un bouillonnement d’idées, « emmené par un travail d’équipe efficace » qui a notamment donné vie au système d’aéroponie (culture hors sol) installé dans chaque container.
« Il nous permet de nous affranchir de substrat », éclaire Paul-Hector. Chez Agricool, les racines des fraises sont dans l’air et se nourrissent d’un brouillard de nutriments régulièrement répandu par les salariés. Aujourd’hui, Paul-Hector planche sur des process pour optimiser les températures. Sept tonnes de fruits sont déjà sorties des quatre containers installés dans Paris. Et une première récolte a été faite à la fin de l’été, à Dubaï ! Si la start-up ambitionne de s’attaquer à d’autres fruits en manque de goût, comme la tomate, elle réfléchit aussi à son développement international.
« Nous n’avons pas vocation à remplacer l’agriculture. Nous ne nous installerons pas en Bretagne où il y a déjà de très bonnes fraises », assure Paul-Hector qui ne regrette rien de ses choix : « Comprendre et décortiquer la vie du végétal, c’est passionnant ! »
Article extrait de Ouest-France, édition spéciale 120 ans ESA
Crédit photo: Agricool, | Texte : Émilie WEYNANTS
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